TECHNOLOGIE : L’ESSOR DES LUNETTES CONNECTÉES

Entre divertissement, santé et ergonomie, le champ d’application des lunettes connectées est vaste. De nombreux acteurs se concurrencent sur ce secteur appelé à devenir l’un des marchés de demain.

Les premières Google Glass furent un échec (1). De nombreux acteurs se lancent pourtant sur le marché, au premier rang desquels les GAFAM et les BATX (2), des grandes entreprises comme Tesla ou Huawei, des start-ups et même les réseaux d’opticiens. D’autres sont en embuscade, tels Facebook avec le rachat d’Oculus ou Apple avec celui d’Akonia Holographics (3). Variées et croissantes, les offres de lunettes connectées et la réalité augmentée (RA) qu’elles proposent gravitent globalement autour de trois objectifs : le divertissement, la santé et l’ergonomie.

Le divertissement

Les réseaux sociaux sont la plateforme privilégiée où les individus partagent leurs expériences, et plus particulièrement leurs « histoires », sous forme d’instantanés ou de clichés. Snapchat propose de communiquer et d’enregistrer des histoires vidéo en direct. Forte de son succès, l’entreprise s’est lancée dans le marché des lunettes connectées en développant ses lunettes Spectacles. Elles comprennent une caméra incorporée, peuvent prendre des photos et des séquences vidéo de dix secondes. Par ailleurs, elles intègrent des jeux en réalité augmentée que les utilisateurs du réseau peuvent partager (4).

Soutenu par IBM, MAD Gaze Vader se concentre notamment sur la réalité augmentée dans les jeux vidéo. Ses lunettes reposent sur un algorithme de RA et un gyroscope. Elles utilisent la technologie SLAM (localisation et cartographie simultanées), qui s’appuie sur le monde physique pour accroître le réalisme des jeux. Une interface intègre par ailleurs une fonction de contrôle des gestes de la main (5).

Mais avant l’e-sport il y a déjà le sport. Filiale d’Intel, Recon Instruments destine ses Recon Jet aux sportifs via un suivi de la vie sportive de son porteur afin d’améliorer sa pratique. L’écran projeté sur les verres lit la vitesse, la distance parcourue, la fréquence cardiaque et le temps. Le dispositif intègre altimètre, accéléromètre, thermomètre, gyroscope, magnétomètre et processeur informatique (6), informant sur sa santé de pratiquant.

La santé

Avec des technologies proches, ce n’est pas la question de l’effort mais du sommeil qui est actuellement soulevée par la start-up Ellcie-Healthy et l’opticien Optic 2000, qui commercialisent les lunettes Prudensee. L’idée est de prévenir l’endormissement au volant (8). Les montures comprennent des capteurs infrarouges, de température, de lumière et de pression atmosphérique, et une centrale inertielle avec accéléromètre et gyroscope. En cas de fatigue du conducteur analysée par les données collectées en temps réel, des leds clignotent et un bipeur situé à l’intérieur des branches se déclenche et sonne. Une application mobile liée aux lunettes est même en mesure d’alerter un tiers des signes d’assoupissement du conducteur. Récompensées à plusieurs reprises, aussi bien lors d’événements liés aux nouvelles technologies que par la sécurité routière, les lunettes connectées Prudensee pourraient rapidement s’imposer parmi les professionnels de la route : pour la première fois, un outil permet une gestion non pas de l’état d’une flotte de véhicules, mais de celui des conducteurs. Des poids lourds aux cars de transport scolaires, le produit pourrait se montrer particulièrement utile en prévention des accidents.

La prévention n’est pas le seul champ d’action possible et la santé n’implique pas toujours un acte médical a posteriori. La start-up AYO a ainsi créé des lunettes pour améliorer le sommeil en agissant sur le rythme circadien, fournissant plus d’énergie à leur porteur et annulant les effets du décalage horaire. Leur port se limite à une vingtaine de minutes par jour. Elles utilisent la lumière et la stimulation de certaines cellules des yeux et créent de la mélatonine, impactant positivement le sommeil et l’horloge interne (7).

Soigner par les lunettes n’est toutefois pas seulement dévolu aux personnes sans handicap. Google a développé des Google Glass pour l’autisme. Elles pourraient aider les enfants touchés à reconnaître plus facilement les émotions des personnes avoisinantes et donc à se socialiser (9). Ailleurs, OrCam utilise la vision artificielle pour autonomiser les déficients visuels grâce à sa technologie d’assistance portable My Eye2, capable de « lire des textes, reconnaître des visages, identifier des produits » (10), au dispositif fixé sur la branche des lunettes. Le soin se combine à l’ergonomie.

L’ergonomie

L’ergonomie est la première raison d’être des lunettes connectées. Vuzix a développé ses lunettes Blade. Elles combinent l’optique et l’électronique avec un pavé tactile au niveau de la tempe. L’utilisateur reste connecté et navigue par un affichage intelligent sur ses verres, affichant les informations d’un ordinateur. Les verres superposent de multiples informations, (travail, Internet, réseaux sociaux, météo…). Amazon s’est associé au projet et son assistant vocal Alexa est directement intégré aux Vuzix Blade (11).

Un autre GAFAM, Microsoft, a développé l’Hololens 2. À destination des entreprises, son casque de réalité augmentée immersive projette des hologrammes manipulables comme des objets réels, reconnaissant les articulations des doigts du porteur du casque. Les solutions proposées comprennent la communication pour collaborer par échange vidéo, la projection de guides d’instruction pendant les tâches, des conceptions d’espaces holographiques grandeur nature, pour la réalisation de projets (12).

Mais en dernier lieu, pour que les lunettes connectées soient utiles, encore faut-il ne pas les égarer. En 2015, l’opticien Atol a proposé ses lunettes Téou, équipées d’une application de géolocalisation – grâce à une puce. Trois couleurs distinctes s’y affichent selon la distance de l’utilisateur (jusqu’à trente mètres) : rouge, orange et vert. Un système « call back » localise le téléphone en le faisant sonner grâce aux lunettes (13).

Comparé à l’échec des premières Google Glass, ce dernier exemple met en lumière que l’essor des lunettes connectées ne dépendra pas uniquement du poids économique de ceux qui les mettront sur le marché. Le critère premier reste avant tout de répondre à des besoins précis des utilisateurs ou à des enjeux réels.

info: https://come4news.com/technologie-lessor-des-lunettes-connectees

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